Tout savoir sur nos viaducs

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En 1850, la France compte 3500 km de voie ferrée, en 1870, elle en compte 18000…

La voie ferrée Commentry-Gannat a été déclarée d’intérêt public le 14 juin 1861,et concédée à la Compagnie d’Orléans le 6 juillet 1863. Ces deux villes étant déja reliées au réseau du Paris-Orléans, Commentry à la ligne Moulins-Montluçon et Gannat à Saint Germain des Fossés, il devenait nécessaire de relier Commentry, bourgade industrielle en plein essor grâce aux ressources houillères, au réseau du PLM pour établir une communication entre Lyon et le bassin de Saint Etienne d’une part et à la région bordelaise d’autre part, par Montluçon et Limoges.

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La communauté de communes Sioule Colettes et Bouble compte sur son territoire une richesse socio économique , la ligne de chemin de fer Commentry-Gannat et une richesse touristique associée, les trois viaducs ferroviaires nommés Bouble, Bélon et la Perrière.

La ligne de chemin de fer, mise en service en 1871 et construite au prix de beaucoup de turbulences sous Napoléon 3 avec l’influence d’un affairiste politicien, le Duc de Morny. Cette ligne fonctionne et fait l’objet d’investissements lourds pour sa maintenance , ce qui est peut être signe de pérennité. 

DDR_Bouble_vue de CommentryLe viaduc de la Bouble est un viaduc situé à Échassières, en France1. Il permet à la ligne de chemin de fer de Commentry à Gannatde traverser la vallée de la Bouble. L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 20091.

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Le viaduc du Belon est un viaduc situé à Coutansouze et Louroux-de-Bouble, en France1. Le viaduc est situé à cheval sur la limite des communes de Coutansouze et de Louroux-de-Bouble, dans le département français de l’Allier. Il permet à la ligne de chemin de fer de Commentry à Gannat de traverser le vallon du Belon.

Le viaduc a été construit par l’ingénieur Félix Moreaux selon les plans de l’ingénieur en chef de la Compagnie du Parie-Orléans,Wilhelm Nördling. Il a été mis en service en juin 1871.

L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 20091. La partie centrale du viaduc est un pont poutre métallique en treillis d’une longueur de 128 m, reposant sur deux piles métalliques qui plongent dans le vallon. Les accès se font par deux viaducs en maçonnerie (quatre arches du côté ouest (Louroux-de-Bouble), trois arches du côté est (Coutansouze). La longueur totale du viaduc est de 231,40 m.

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Le viaduc de la Perrière est construit en courbe, il compte huit arches. Sa réalisation est l’illustration de la perfection atteinte en matière de maçonnerie. Les blocs de granit nécessaires à la construction sont extraits des carrières de la Bosse et sont assemblés par un mortier de sable et de chaux. La pierre à chaux, cuite sur place, provient des environs de Bellenaves.

Les viaducs de la Bouble et du Bélon relèvent d’un duo d’ingénieurs de talent : Wilhem Nördling et Pierre Félix Moreaux. Homme d’avant garde, Wilhem Nördling, ingénieur en chef à la compagnie d’Orléans aborde le sujet de cette ligne du Bourbonnais avec ambition. Dans la décision ministérielle concernant l’exécution de la ligne, il est fait mention du modèle à suivre pour la réalisation des ouvrages : les viaducs du Busseau d’Ahun dans la Creuse et de Ribeyrès dans le Cantal qui sont l’oeuvre de Pierre Félix Moreaux ingénieur Arts et Métiers attaché à l’entreprise Cail. C’est donc naturellement que Nordling se tourne vers lui pour l’étude des quatre viaducs de la ligne. Moreaux va d’ailleurs perfectionner son modèle , l’amenant à franchir à une plus grande hauteur, les vallées de la Bouble et du Bélon. Le marché des quatre viaducs allait être conclu au bénéfice de Fives-Lille et Cail lorsque Gustave Ei el qui vient de créer son entreprise en association avec Théophile Seyrig, recherche des a aires importantes et réussit grâce à ses relations personnelles à s’imposer pour les viaducs de Rouzat et Neuvial . Il s’en tiendra aux plans de Moreaux en apportant quelques perfectionnements notamment sur le système d’étrésillonnement des piles.

Les ouvrages métalliques de la Bouble et du Bélon sont exceptionnels à plus d’un titre :
– ils sont chronologiquement les 3ème et 4ème viaducs métalliques construits en France.

– l’optimisation des matériaux de l’époque (fonte grise et fer puddlé) est géniale. La fonte grise (fragile) qui n’est utilisée que pour les piles (creuses et remplies de mortier pour en augmenter le poids) ne travaille qu’en compression. Le fer plus coûteux est utilisé pour le tablier et les croix de Saint André des piles ; Il faut noter que l’on n’utilisait ni soudure ni boulons et que les formes exécutables en fonderie ne permettaient des liaisons fonte-profilé en acier que par rivetage, seul moyen d’assemblage mis en oeuvre dans les années 1860.

la technique de construction par poussage, originale (encore pratiquée de nos jours) simplifie le montage du tablier et, palliant le manque de grues performantes, permet un approvisionnement par voie ferrée de tous les matériaux métalliques des piles, diminuant notablement les risques et les coûts.

– les données d’expérience faisaient défaut, les méthodes de calcul étaient embryonnaires, les batteries d’ordinateurs étaient à inventer, l’outillage était à créer, et le personnel était à former. A ce propos, le rapport des monuments historiques précise : « l’intelligence du système constructif mis au point par l’ingénieur Moreaux, se vérifie une fois de plus ; sa faculté à s’adapter aux sites différents démontre le perfectionnement du prototype. La conception originale du modèle est éprouvée dans différents paysages. La ligne Commentry Gannat est une illustration indicative de la démarche des ingénieurs dans leur souci d’adéquation au site conjugué à leur préoccupation majeure de mise au point d’un cahier de modèle pouvant servir en d’autres lieux ».

la sveltesse et l’élégance de l’ouvrage l’intègrent remarquablement au site. Les soucis d’esthétique n’étaient d’ailleurs pas absents des préoccupations des concepteurs comme le souligne Nörd- ling «Le goût dans les constructions n’est il pas comme la pureté de l’élocution dans les discours, comme la grâce dans les mouvements, comme la morale dans les actions ? Il est permis d’en mettre partout et toujours cela ne coûte rien».

C’est donc une invitation à la contemplation de ces «monuments de paysage» que l’Association des Amis des Viaducs du Val de Bouble formule à destination des amoureux de notre patrimoine local exceptionnel.

Si vous souhaitez en savoir plus sur nos viaducs et diffuser notre activité, voici une publication de décembre 2016 parue dans l’Echo de la Vallée , N° 37 : echo  vallee.

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